Le gouvernement a récemment présenté le plan “Emploi Futur”, un plan d’accélération pour l’emploi des jeunes. Une intention claire : répondre à un paradoxe persistant. En France, les jeunes sont globalement plus diplômés… mais leur insertion reste plus lente : aujourd’hui, 1,4 million de jeunes (15-29 ans) sont sans emploi ni formation.Face à cet enjeu, le plan s’articule autour de trois priorités structurantes.
1. Mieux orienter pour mieux insérer
L’un des enjeux majeurs reste l’orientation. Aujourd’hui, un jeune connaît en moyenne 15 métiers en fin de 3e, avec un objectif de 50 métiers connus d’ici 3 ans.
Des outils concrets sont annoncés :
- InserScore : pour éclairer les choix d’orientation selon les débouchés réels, permettant de visualiser les taux d'accès à l'emploi selon la formation et de mieux comprendre les opportunités professionnelles associées
- Anticipation des compétences via la GPEC
- Développement de formations plus courtes et professionnalisantes
L’objectif : rendre l’orientation plus lisible, plus ancrée dans le marché du travail afin que les jeunes passent d’une orientation subie à une orientation éclairée, connectée au marché.
2. Rapprocher les jeunes de l’entreprise
L’expérience professionnelle ne doit plus être périphérique, mais centrale dans les parcours.
Le plan mise sur :
- La généralisation des immersions en entreprise (stages, alternance)
- La création d’un passeport de compétences permettant aux jeunes de mieux identifier, formaliser et partager leurs expériences auprès des employeurs
- Une meilleure valorisation des expériences, y compris informelles
Un chiffre interpelle particulièrement : seuls 8 % des 18-24 ans ont un job étudiant, contre 17 % en moyenne OCDE.
Là encore, les Missions locales sont en première ligne pour faciliter les mises en relation avec les entreprises, accompagner les employeurs dans l’accueil des jeunes, sécuriser les parcours, et valoriser les compétences des jeunes accompagnés.
3. Prévenir les ruptures de parcours
Une attention particulière est portée aux jeunes les plus fragiles, prévoyant notamment un effort accru sur :
- La prévention du décrochage
- Un accompagnement intensif et personnalisé
- Le renforcement de dispositifs comme Avenir Pro et Avenir pro+, qui présente d'ores et déjà +25 % de taux d’emploi après expérimentation du dispositif
Chaque jour, les Missions locales accompagnent des jeunes en situation de décrochage, confrontés à des freins sociaux (mobilité, logement, santé…) et éloignés de l'emploi. L’enjeu ne relève pas seulement de l’emploi, mais de l’inclusion durable.
Un point de vigilance : les moyens alloués aux acteurs de l'emploi
Malgré ces ambitions, les acteurs de l'emploi, notamment les Missions Locales font face à un manque de visibilité budgétaire en 2026, dans un contexte de baisse annoncée des financements.
Ce 20 mai, les dotations d'État pour l'année 2026 ne sont toujours pas connues des missions locales, pourtant celles-ci occupent une place non négligeable dans le plan "Emploi Futur".
Une émission BFM LYON à retrouver sur bfmtv.com








